Démonstrations

Le mouvement dans tous ses états

La perception du mouvement constitue l'un des champs de recherche comptant parmi les plus actifs dans le domaine de la psychophysique visuelle. A l'image des figures illusoires, certaines configurations d'objets en mouvement occasionnent des percepts ambigüs. De nombreuses démonstrations des phénomènes d'illusions optico-géométriques ou de mouvement sont disponibles sur le web. Dans l'encart :: Liens :: figurent les pages personnelles de quelques chercheurs qui ont reproduit, ou inventé, certaines de ces illusions.

Activez les animations Flash en sélectionnant "Lire" (ou "Play" selon la version de votre plugin) après un clic droit sur l'applet.

Bistabilité & mouvement apparent

La bistabilité perceptive réfère à l'alternance spontanée (ou induite) entre 2 percepts ; on observe donc une dichotomie entre 2 ou plusieurs interprétations. Les quelques exemples présentés ci-dessous illustrent ce phénomène.
Dans le quartet motion, à gauche, on peut interpréter le mouvement global comme celui de deux spots se déplaçant en sens opposé, l'un vers la droite ou vers la gauche ; à droite, on peut interpréter le mouvement global comme résultant du mouvement conjoint de 2 spots selon un axe vertical, ou horizontal.
Dans l'illusion de rebond, à gauche, les 2 spots apparaissent soit se croiser au milieu de leur trajectoire, soit rebondir l'un contre l'autre. Il est possible de favoriser, i.e. d'induire, l'un des 2 percepts en ajoutant un son bref à l'instant précédent (ou suivant) leur intersection en milieu de trajectoire (à droite).
Le dernier exemple illustre également un exemple de phénomène de bistabilité dans la perception de la direction du mouvement (horaire ou anti-horaire) de l'ensemble formé des 6 spots alignés de manière circulaire, lorsque le décalage spatial des spots entre chaque trame se rapproche de la bissectrice du secteur formé par 2 spots successifs et le centre du cercle invisible.

Quartet motion

Illusion de rebond (Sekuler & al., 1997)

Bistable rotational motion (Wöhlschlager, 2000)

Références
Sekuler, R., Sekuler, A.B. and Lau, R. (1997). Sound alters visual motion perception. Nature, 385: 308.
Wöhlschlager, A. (2000). Visual motion priming by invisible actions. Vision Research, 40(8): 925-930.

Cohérence perceptive & mouvement global

La présence d'ouvertures verticales masque les indices bidimensionnels (coins) du stimulus, rendant l'interprétation du mouvement global (mouvement de translation circulaire dans le sens horaire ou anti-horaire) délicate. Si dans certaines circonstances, par exemple lorsque les ouvertures sont contrastées (applet du milieu), il est possible de recouvrer la direction réelle du mouvement, la présentation du stimulus derrière des ouvertures invisibles rend le percept incohérent.

'Aperture-stimuli' (1)

Par ailleurs, cet effet est beaucoup plus prononcé avec certains types de forme géométrique, comme par exemple un chevron (~ pointe de flèche).

'Aperture-stimuli' (2)

Références
Lorenceau, J. and Alais, J. (2001). Form constraints on motion binding. Nature Neuroscience, 4(7): 745-751. Lorenceau, J. and Shiffrar, M. (1999). The linking of visual motions. Visual Cognition, 6(3/4): 431-460.
Shiffrar, M. and Lorenceau, J. (1992). The influence of terminators on motion integration across space. Vision Research, 32: 263-273.

Mouvement induit, mouvement inducteur

L'illusion de Duncker

La direction perçue du mouvement du spot situé à l'intérieur du cadre en mouvement est biaisée par le mouvement de ce dernier (applet de gauche). En fait, le spot décrit une trajectoire verticale, tandis que le cadre décrit une trajectoire horizontale, les deux mouvements étant synchrones.
On perçoit généralement un mouvement oblique du spot. A droite figure une version modifiée de ce type d'illusion, reprenant les propriétés de cohérence perceptive décrites précédemment : (1) dans le premier cas (pas d'ouvertures), on voit clairement une trajectoire oblique ; (2) dans le deuxième cas (ouvertures visibles), la trajectoire peut être perçue comme oblique (plus faiblement que dans le cas précédent) ou non ; (3) dans le troisième et dernier cas (ouvertures invisibles), le mouvement est perçu comme clairement vertical.

Flash-lag effect

Dans cette situation, l'allumage rapide d'un bord iso-orienté situé à l'extrémité du stimulus en mouvement (la barre tournant dans le sens anti-horaire) donne l'impression d'un misalignement spatial, alors que les deux bords orientés sont bel et bien colinéaires.

Références
Duncker, K. (1929). Uber induzierte Bewegung. Psychologishe Forschung, 12: 180–259.
Eagleman, D.M. and Sejnowski, T. J. (2000). Motion Integration and Postdiction in Visual Awareness. Science, 287: 5460.
Last updated on 2005/05/11, 10:37pm